Des peaux session

 

chantier de création de Boris Ganga Bouetoumoussa

avec Boris Ganga Bouetoumoussa & Marie Rasolomanana

dramaturgie et vidéo Aliénor Vallet

création en décembre 2008 au CND Pantin

 

 

Notre peau est cette surface, parfois limite/frontière/barrière à laquelle se rattache/se raccroche notre identité et qui raconte autant notre culture que nos joies et nos combats quotidiens : peau-identité, peau-mémoire mais aussi peau-vivante, mouvante, qui, minute après minute, échange avec l’extérieur, imprime perceptions, sensations, émotions, et écrit l’histoire individuelle : la peau comme territoire.

 

Un homme, une femme. Il est noir, d’Afrique, elle est blanche, occidentale.

Comment se dire ? Comment vivre ensemble aujourd’hui ?

DES PEAUX session interroge l’espace de la rencontre. De quoi s’agit-il ? Du soi vécu comme territoire, de la dépossession du soi et d’un espace d’échange sincère à construire.

La parole est donnée aux corps, aux rythmes, aux déplacements dans espaces… qui marquent la présence/absence à soi et à l’autre.

 

Une scène pour abolir les frontières que l’individu se construit,

Une scène pour déchiffrer l’autre pas à pas et peau à peau…

Une scène où se déplacer librement ne serait pas un droit que pour certains.

Une scène pour faire du déplacement ce qui (re)lie et non ce qui nous sépare...

 

DES PEAUX session poursuit une réflexion sur les rapports de domination à l’échelle humaine, individuelle. Peut-on imaginer des territoires communs? Qu’est ce qui est important: l’Homme ou le passeport?

 

 

 

 

 

 

 

 

 




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


LE TRAPU : Le passeport est la partie la plus noble de l’homme. D’ailleurs, un passeport ne se fabrique pas aussi facilement qu’un homme. On peut faire un homme n’importe où, le plus étourdiment du monde et sans motif raisonnable ; un passeport, jamais. Aussi reconnaît-on la valeur d’un bon passeport, tandis que la valeur d’un homme, si grande qu’elle soit, n’est pas forcement reconnue.


LE GRAND : Disons que l’homme n’est que le véhicule matériel du passeport. On lui fourre le passeport dans la poche intérieure du veston, tout comme, à la banque, on met un paquet d’actions dans un coffre-fort. En soi, le coffre n’a aucune valeur, mais il contient des objets de valeurs.

Bertolt Brecht - Dialogues d’exilés.